SIDÓ, Pionnier et Précursseur de la musique Bissau-Guinéénne.
Avec Capa Negra de 1972/1976 en Guinée-Bissau après Cobiana Jazz, avec Sabá Miniambá au Portugal 1976 et en France en 1979. Puis, en tant que chanteur solo dès mai 1981 (Label Ledoux Record aujourd'hui vendu à Mélodie), album Guiné nha térra, ensuite, en tant que auto-producteur en 1984 avec l’album Camba mar et son propre Label Baloba plus tard devenu Discos Sidó)
SIDÓ naquit un 17 novembre en Guinée-Bissau ; il vit actuellement en France, à Paris. Son nouvel album, constitué de quinze chansons, s’intitule Simbióses. Il marque le retour de l’artiste sur la scène musicale, selon l’opinion des acteurs de la musique africaine.
Les années 1970 marquèrent la naissance de la musique moderne Bissau-guinéenne. C’est en 1972 que SIDÓ commença à chanter avec l’orchestre Capa Negra, un groupe d’étudiants du lycée Honório Barreto plus tard rebaptisé « Kwame N’Krumah ». Grâce à la chanson « Quilis qui cata muri » (Les immortels), écrite et interprétée par SIDÓ, Capa Negra se distingua nettement des dizaines d’autres formations existant dans le pays, y compris de la légendaire Cobiana Jazz de feu José Carlos Schwarz, à qui hommage est rendu ici.
Entre 1972 et 1976, le groupe Capa Negra fut le plus connu et le plus demandé du public Bissau-guinéen. En septembre 1976, SIDÓ partit poursuivre ses études au Portugal. Sollicité par les mélomanes installés dans ce pays (Infali Dabó Erásmo Robalo, etc.), SIDÓ constitua le groupe Sabá Maniambá avec lequel il enregistra deux albums. Sévèrement censuré en Guinée-Bissau par le gouvernement alors en place, cet album fut frappé d’interdiction d’antennes radiophoniques dans le pays. Malgré ces entraves politiques, SIDÓ et Sabá Maniambá continuèrent à se produire sur scène et participèrent aux premiers festivals de musique africaine organisés au Portugal par João Pedro, actuel directeur des éditions Vidisco. Ces festivals permirent à de nombreux musiciens d’Afrique de se produire, que ce soit Bana et la Voz de Cabo Verde, Bonga, Africa Tentação ou d’autres.
En septembre 1979, SIDÓ partit pour Paris pour une nouvelle aventure musicale ; l’orchestre Sabá Maniambá le rejoint. Ils obtinrent le statut de réfugiés politiques et s’installèrent en France d’où ils feront des tournées aussi bien en Hollande, au Luxembourg qu’au Portugal. Suite à la dissolution de Sabá Maniambá, en 1980, SIDÓ poursuivit sa carrière en solo.
En janvier 1981, SIDÓ rencontra M. Abou Sylla, producteur du groupe Baobab ainsi que de Gnonnas Pedro, et conclura un contrat de production et d’édition musicale avec lui. En mai de cette même année, SIDÓ sortira l’album « Nha terra na quill tempo », le tout premier ouvrage discographique Bissau-guinéen à être produit et édité en France, si on excepte l’opus de Fonseca, chanteur sénégalais de Casamance, qui interpréta « Si bu tem bu fidju fêmea ».
Encouragé par son public, SIDÓ se lança ensuite dans la production. Là encore, il se révéla être le premier artiste Bissau-guinéen à surprendre par une telle option qui l’amènera à produire l’album « Camba Mar ». S’instaura alors un climat de confiance entre les communautés sénégalaise et Bissau-guinéenne de France, source d’inspiration pour l’artiste. SIDÓ grimpa ainsi en tête d’affiche des concerts et/ou bals de la diaspora à Evreux, Mantes-la-Jolie, Les Mureaux, Marseille, Toulon, St-Nazaire, etc.
Entre 1985 et 1993, SIDÓ, accompagné de son nouveau groupe, Tamba Kumba, participa à de nombreux festivals, aussi bien en Belgique qu’en Suisse et, bien sûr, en France (Paris et sa banlieue, Aubervilliers, Champigny, Fête de l’Humanité, etc.). Par ailleurs, SIDÓ se produisit également pour la communauté capverdienne à Boston, Pawtucket et Rhodes Island, pour ne citer que celles-là.
Parallèlement à la scène, SIDÓ s’investit dans des activités commerciales et culturelles pour stimuler la créativité de jeunes artistes ; ainsi, il permit l’ouverture de Discos Sidó Lda, sis au centre commercial Mouraria, en plein cœur de Lisbonne.
En 1994, SIDÓ créa AMA GB, « Association des Artistes Musiciens originaires de la Guinée-Bissau en France », dans un esprit associatif. Dans le même temps, il continua les tournées en Allemagne, Espagne, Portugal et Guinée-Bissau.
En 1998, lorsqu’éclata la guerre civile en Guinée-Bissau, SIDÓ mobilisa ses compatriotes et organisa une marche silencieuse devant l’UNESCO, à Paris. Son objectif était de faire directement participer la diaspora Bissau-guinéenne en France à la recherche de la paix. Pour donner suite à cet événement, SIDÓ réunit quelques musiciens de renom et produisit un album dont la recette serait versée aux victimes de la guerre (en priorité aux enfants, femmes et vieillards).
A la fin des hostilités, SIDÓ fut invité par la Ligue Bissau-guinéenne des Droits de l’Homme à participer à la semaine de conférences pour la Paix, la Réconciliation et le Développement. Tandis que certains artistes tournèrent ostensiblement le dos à cet événement d’importance capitale pour le pays, SIDÓ se mit inconditionnellement à la disposition de ses organisateurs.
Plus que pionnier, SIDÓ est également le précurseur de la musique moderne Bissau-guinéenne, en sa qualité de créateur attentif aux tendances du panorama culturel dans lequel cette musique s’inscrit. Son album Simbióses est le résultat d’assurances et d’efforts permanents de valorisation de la diversité culturelle de la Guinée-Bissau, témoins des bons rapports que SIDÓ entretient avec tous les mélomanes de ce pays. Sa fidélité indéfectible à ses racines, la fonte harmonieuse des rythmes aboutissent à un concept inédit. Ainsi, l’artiste innove, tout en sa baladant dans la multiplicité musicale Bissau-guinéenne, et nous offre un album organisé en différents espaces : fêtes, réflexion, charme et tradition.
Chacun est invité tant à se laisser emporter par les mélodies et rythmes de Simbióses qu’à tout mettre en œuvre pour que la culture continue d’être LA référence.
Traduction de Judith Collet